La Première ministre italienne Giorgia Meloni réussit là où d’autres ont échoué : réunir Donald Trump et Ursula von der Leyen à Rome. Une victoire diplomatique qui consacre son rôle clé entre Washington et Bruxelles.
Une alliance migratoire qui paie
Depuis des mois, Meloni et von der Leyen collaborent sur un sujet épineux : les migrations. Ensemble, elles ont conclu des accords avec la Tunisie, l’Égypte et le Maroc. Objectif ? Accélérer les retours des migrants déboutés en limitant l’examen des demandes d’asile à trois mois. Une aubaine pour Meloni, qui affiche ses résultats en matière d’immigration, et pour von der Leyen, qui cherche à apaiser les tensions avec les pays méditerranéens.
Trump, l’invité surprise de Rome
La rencontre entre Trump et von der Leyen, prévue à Rome, n’a rien d’anodin. Meloni en a orchestré chaque détail. L’Italie, souvent critiquée pour sa ligne dure, se pose en médiatrice. Pour von der Leyen, c’est une occasion de renouer avec un Trump réticent. Leur face-à-face sera scruté : l’Europe veut éviter une escalade commerciale après les taxes douanières américaines sur l’acier ou les voitures.
Paris, un souvenir gênant
En décembre 2024, von der Leyen avait manqué un premier rendez-vous avec Trump. L’inauguration de Notre-Dame, organisée par Macron, réunissait pourtant Zelensky et Trump. Mais la présidente de la Commission européenne était persona non grata. Elle avait signé, sans aval français, un accord avec le Mercosur, irritant l’Élysée. Une mésentente qui illustre les divisions européennes face aux États-Unis.
« L’Europe ne se laisse pas dicter ses règles »
Interrogée sur les pressions américaines, von der Leyen reste ferme : « Nous n’avons ni copains ni oligarques qui décident pour nous », lance-t-elle, visant Elon Musk, proche de Trump. Elle préconise aussi de produire plus d’armes en Europe plutôt que d’acheter outre-Atlantique. Un message clair : l’UE veut plus d’autonomie stratégique. Meloni abonde : « Chaque euro investi doit profiter à notre économie, pas seulement à l’armement. »
Vers un compromis transatlantique ?
Malgré les désaccords, Bruxelles préfère négocier. Les droits de douane américains sont suspendus pendant 90 jours, le temps de trouver un terrain d’entente. Meloni y voit une chance de renforcer son influence. Pour Trump, c’est l’occasion de calmer un allié européen… avant d’éventuelles représailles.
En coulisses, une certitude : l’Europe de Meloni et von der Leyen ne se laissera pas marcher sur les pieds. Même si Trump a la gâchette facile.
