Depuis trois mois, DeepSeek s’invite dans les conversations. Ce chatbot chinois, disponible sur iOS et Android, grimpe en flèche dans les classements. Aux États-Unis, il est même plus téléchargé que certains concurrents locaux. À Pékin, les étudiants l’utilisent pour réviser leurs cours. À Shenzhen, les startups l’intègrent dans leurs apps de gestion. Résultat : l’outil devient un symbole de l’ambition technologique chinoise.
Le secret de DeepSeek ? Une formule simple : efficacité maximale, dépense minimale. Son modèle R1, lancé en janvier 2025, coûte 6 millions à entraîner, contre 100 millions pour GPT-4. « Ils ont optimisé les algorithmes sans se ruiner en serveurs », explique un ingénieur de Hangzhou. En clair : moins de puissance brute, plus d’intelligence logicielle.
Les marchés mondiaux tremblent. Le Nasdaq chute de 3 % en une journée. Nvidia, géant des puces pour IA, perd 600 milliards de valeur. Mais en Asie, les réactions varient. À Taïwan, les autorités examinent DeepSeek pour vérifier son impact sur les données locales. À Singapour, des entreprises l’adoptent pour sa rapidité.
DeepSeek divise. L’Italie le bloque après des craintes sur la confidentialité des données européennes. En Australie, son utilisation est interdite dans les administrations. « On ne sait pas où passent nos informations », s’inquiète un responsable à Canberra. De leur côté, les utilisateurs chinois louent ses réponses rapides, même s’il évite les sujets politiques.
Derrière l’IA, un homme peu médiatique : Liang Wenfeng. Ce diplômé de Zhejiang mélange tech et finance. Ancien trader, il dirige un fonds d’algorithmes spéculatifs. « Il veut prouver que la Chine peut innover sans copier », dit un collègue. Son credo : « Pas besoin de milliards, il faut de la rigueur. »
Pour la Chine, DeepSeek est une fierté. Les journaux d’État titrent : « L’Occident perd son monopole ». Dans les universités, les étudiants voient en lui une preuve que « la Chine rattrape son retard ». Pourtant, le gouvernement évite les déclarations fracassantes. Officiellement, Pékin soutient l’innovation, mais sans brusquer les partenaires étrangers.
DeepSeek change les règles. Désormais, l’IA n’est plus un jeu réservé aux géants américains. Mais sa montée en puissance inquiète. En Europe, des régulateurs demandent plus de transparence. Aux États-Unis, des experts craignent une guerre technologique froide. Entre progrès et tensions, une chose est claire : la bataille de l’intelligence artificielle vient de prendre une nouvelle dimension.
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