Economie

Nouvelles taxes transatlantiques : l’aéronautique en plein brouillard

Un coup dur pour Airbus

Depuis le 9 avril, chaque avion européen exporté aux États-Unis se voit taxé à 10%. Une mesure provisoire, mais qui jette un froid sur les chaînes d’assemblage toulousaines. « On vient à peine de retrouver un rythme après le Covid, et voilà une nouvelle tuile », lâche un technicien, en regardant les A350 en cours de montage.

Delta Airlines met le holà

La compagnie américaine refuse catégoriquement de payer ces droits. Conséquence immédiate : vingt A350 destinés à Delta d’ici 2026 sont bloqués. « Un surcoût de 10% rend l’achat impossible », a tranché Ed Bastian, le PDG de Delta. Chez Airbus, on espérait pourtant atteindre 820 livraisons cette année. Objectif compromis.

Louer pour contourner les taxes ?

Une idée circule en interne : proposer des locations plutôt que des ventes. Mais cela bousculerait les contrats existants. « On discute au cas par cas », murmure un cadre. Une solution bancale, selon un sous-traitant : « Les compagnies veulent des appareils neufs, pas des locations à long terme. »

L’Alabama pris dans la tourmente

Même les usines américaines d’Airbus trinquent. En Alabama, les pièces ailes et fuselages venant d’Europe sont désormais taxées à 10% dès leur arrivée au port de Mobile. « C’est ubuesque : on assemble des avions “made in USA” avec des composants européens… et on paie des droits de douane ! », s’agace un logisticien.

Boeing pris dans la riposte chinoise

Pékin a ordonné aux compagnies chinoises de geler les livraisons de Boeing. En Europe, Ryanair et Air France pourraient suivre. « C’est une guerre sans vainqueur », analyse un expert. Boeing, déjà affaibli par quatre années de crises, se retrouve coincé entre deux feux.

Et si Trump changeait la donne ?

Washington et Bruxelles ont 90 jours pour négocier. Mais avec l’ombre de Trump planant sur la Maison Blanche, tout est possible. « Il pourrait tout annuler d’un tweet demain matin », sourit un ancien diplomate. En attendant, les équipes d’Airbus serrent les dents. « On a survécu au Covid, on survivra à ça », glisse un ingénieur, pas vraiment rassuré.

*À Toulouse, le ciel autrefois sans nuages de l’aéronautique se charge de gris. Les prochains mois s’annoncent électriques.*

 

H@mid

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