La Cisjordanie sombre. Depuis des mois, Jénine et Tulkarem subissent des raids incessants. Les rues ne sont plus que décombres. Des maisons explosent. Des colonnes de fumée noire masquent le ciel.
Des morts, des enfants, des exilés
946 Palestiniens tués depuis octobre 2024. Parmi eux, 187 enfants. Des corps trop petits enveloppés dans des linceuls. 40 000 personnes ont fui. Elles dorment dans des écoles, des garages, ou à la belle étoile. « On nous dit combattre le terrorisme. Mais ce sont nos cuisines qui brûlent », murmure Fatima, mère de trois enfants.
Jénine, ville martyre
Le camp de réfugiés est un champ de ruines. Les drones israéliens, surnommés « zannana », bourdonnent jour et nuit. Les raids se multiplient. 120 maisons détruites. 30 000 habitants ont fui. « On dort habillés, prêts à courir », dit Ahmed, 14 ans. Le maire Mohammed Jarrar implore : « Plus d’eau, plus d’écoles. Même les funérailles sont interdites. »
Tulkarem humiliée
Le siège du Fatah a été saccagé. Les drapeaux palestiniens arrachés. Des commerces pillés. « On efface notre identité », soupire un vieil habitant.
Démolitions et familles brisées
À Hébron, deux maisons rasées en février 2024. Les propriétaires accusés d’un attentat à Tel-Aviv. « Mon fils est mort. Pourquoi détruire la maison de ses sœurs ? », pleure Layla, 62 ans. Des familles entières dorment dans la rue.
Enfants sacrifiés
Le 2 février, une école de Jénine a été bombardée le jour de la rentrée. Des salles de classe en cendres. « Que dire à ces enfants ? », demande Samir, instituteur.
L’ONU alerte en vain
Les appels à la paix restent lettre morte. Les chars israéliens, comme pendant la seconde Intifada, avancent. « Chaque jour, la vie devient plus impossible », murmure un médecin du Croissant-Rouge.
La Cisjordanie se vide. Ses habitants, épuisés, se demandent : « Jusqu’à quand ? »
