À Alger, les tensions montent encore d’un cran. Après des mois de discussions pour apaiser les relations entre Paris et Alger, voilà qu’une nouvelle crise éclate. Cette fois, c’est une expulsion qui fait grincer des dents.
Dimanche dernier, l’Algérie a décidé de mettre 12 agents de l’ambassade de France dehors. Ils ont 48 heures pour plier bagage. Le gouvernement algérien accuse ces diplomates d’être liés à une affaire délicate : celle de l’enlèvement d’un influenceur critique du régime, Amir Boukhors. Cet homme avait disparu en France il y a près d’un an. Depuis, les autorités françaises soupçonnent un agent consulaire algérien d’avoir trempé là-dedans.
À Paris, on ne comprend pas cette décision. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, parle d’une mesure « sans fondement ». Il prévient : si Alger ne change pas d’avis, la France répondra. Et vite.
Un bras de fer qui agace tout le monde
Cette escalade, personne ne la voulait. Ni à droite ni à gauche. Chez Les Républicains, Laurent Wauquiez y voit une « humiliation » de plus. Pour lui, la France devrait être plus ferme face à l’Algérie. « Il est temps de défendre nos intérêts », martèle-t-il.
Même son de cloche chez le Rassemblement national. Sébastien Chenu, député du Nord, s’agace ouvertement : « L’Algérie nous manipule depuis trop longtemps. Rien ne bouge, ni sur les visas, ni sur les expulsions. » Il fait référence aux nombreux Algériens sous obligation de quitter la France (OQTF) mais qui restent malgré tout.
Du côté de La France Insoumise, on joue plutôt l’apaisement. Manuel Bompard regrette ce qu’il appelle une « surenchère inutile ». Son collègue Éric Coquerel abonde dans le même sens : « Quand on arrête des diplomates algériens, forcément, ils ripostent. »
Et maintenant ?
Ce conflit n’arrange personne. Les deux pays avaient repris le dialogue il y a peu. Emmanuel Macron et le président algérien semblaient vouloir repartir sur de bonnes bases. Mais avec cette expulsion, tout est remis en question.
Les appels au calme se multiplient. Certains demandent aux chefs d’État de reprendre directement les discussions. D’autres plaident pour des sanctions immédiates. Une chose est sûre : sans geste fort, les relations risquent de se détériorer encore plus.
Pour les habitants des deux rives de la Méditerranée, cette situation n’est pas sans conséquences. Les visas, les échanges culturels, les familles éclatées… Tout cela pourrait être impacté. Et ça, personne ne le souhaite vraiment.
