Vladimir Poutine a ordonné samedi une pause dans les combats en Ukraine pour la fête orthodoxe de Pâques. Les hostilités doivent cesser de 15h00 TU le 19 avril jusqu’à minuit dimanche. Le président russe a justifié cette décision par des « raisons humanitaires », tout en invitant Kiev à suivre son exemple.
« Si l’Ukraine accepte, cela prouvera sa volonté de dialoguer », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée. Mais il a aussi prévenu ses soldats : « Restez vigilants. Répliquez en cas de provocation. »
L’annonce russe a été accueillie avec scepticisme en Ukraine. Volodymyr Zelensky a jugé les 30 heures de trêve « insuffisantes » et réclamé un arrêt des combats d’au moins un mois. « Nous verrons bien si les actes suivent les paroles », a-t-il lancé, ironique.
À Kiev, les sirènes ont retenti peu après l’annonce, signalant des drones russes dans le ciel. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a résumé : « Nous ne croyons plus aux promesses de Poutine. »
Malgré les tensions, un échange de 246 prisonniers de chaque côté a eu lieu samedi. La Russie a rapatrié ses soldats, dont certains blessés, et rendu 246 Ukrainiens. Ces opérations, rares, rappellent que le dialogue n’est pas totalement rompu.
« Ces gestes humanitaires sont vitaux, mais ne suffisent pas », a commenté un négociateur ukrainien sous couvert d’anonymat.
Ce n’est pas la première trêve pour Pâques. En 2022, l’ONU avait échoué à en instaurer une. En 2023, une pause de 36 heures avait tourné court, Kiev accusant Moscou de piéger les civils.
« Poutine cherche à paraître généreux sans rien lâcher », analyse un expert militaire français. « C’est un coup médiatique, pas une vraie solution. »
Les États-Unis, qui tentent de relancer les négociations, s’impatientent. Donald Trump a menacé de se retirer des discussions, jugeant les progrès trop lents. En parallèle, la Russie accuse l’Ukraine de violer un accord sur les frappes contre les centrales électriques, signé en mars.
« Les deux camps ne font que se renvoyer la responsabilité », soupire un diplomate européen. « La guerre risque de durer encore longtemps. »
Sur le terrain, la Russie affirme avoir repris le contrôle de zones frontalières occupées par l’Ukraine dans la région de Koursk. Si cela se confirme, les combats se concentreraient à nouveau entièrement sur le sol ukrainien.
« Les villages ici vivent au rythme des bombardements depuis des mois », raconte un habitant. « Une trêve, même courte, serait un soulagement. Mais personne n’y croit vraiment. »
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