Alors que les frappes secouent la région, une question brûle les lèvres : qui dirigera l’Iran demain ? Donald Trump s’invite dans le débat, mais sur le terrain, la population compte d’abord les dégâts.
Quand Washington s’immisce dans l’après-Khamenei
Donald Trump l’a dit tout net. Il souhaite peser sur le choix du prochain guide suprême iranien. Une déclaration qui fait réagir bien au-delà de Téhéran. Pour le président américain, le fils de l’actuel dirigeant « n’est pas acceptable ». Il rêve d’un profil « pacifique ». Mais la réalité du terrain est toute autre.
À Beyrouth, on suit l’actualité en retenant son souffle. Les communautés libanaises, déjà éprouvées, redoutent un embrasement total. « On a déjà vécu ça en 2006 », souffle un commerçant de Bourj Hammoud. « Personne ne veut revivre ça. »
Téhéran sous tension, entre résilience et pénurie
Dans la capitale iranienne, la vie tente de reprendre son cours. Mais c’est une vie au ralenti. Les rues, d’habitude si animées, restent largement désertes. Les stations-service affichent complet. Internet rame. Les coupures d’électricité se multiplient.
Le stade Azadi, fier symbole du sport iranien, gît en ruines. Une image qui marque les esprits. « On reconstruira », assure un jeune architecte croisé près de l’université de Téhéran. « Mais d’abord, il faut que les bombes s’arrêtent. »
Le Golfe en première ligne, malgré lui
Les monarchies du Golfe observent, inquiètes. À Dubaï, les tours brillent toujours. Mais en coulisses, les plans de sécurité sont revus. À Doha, les diplomates travaillent sans relâche pour désamorcer les tensions.
Les bases américaines présentes dans la région sont dans le collimateur. Une frappe a visé Erbil. Une autre a effleuré une raffinerie à Bahreïn. Les populations locales, elles, subissent les contrecoups. Hausse des prix, anxiété, incertitude.
Et l’économie mondiale dans tout ça ?
Le détroit d’Ormuz reste un point névralgique. Vingt pour cent du pétrole mondial y transite. Sa fermeture, même partielle, ferait grimper les prix à la pompe de Paris à Tokyo. Les marchés tremblent. Le FMI tire la sonnette d’alarme.
En Europe, on prépare des convois humanitaires. La France envoie le Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale. L’Espagne et la Grèce suivent. Mais personne ne veut d’une escalade. La priorité ? Protéger les civils. Toujours.
L’espoir, fragile, persiste
Malgré tout, des voix s’élèvent pour la paix. Des intellectuels iraniens appellent au dialogue. Des associations de la société civile, en Israël comme en Iran, maintiennent des liens discrets. « La guerre ne résout rien », martèle une enseignante de Qom. « Seul le dialogue peut ouvrir une porte. »
À Paris, la diaspora iranienne organise des veillées. À Los Angeles, des manifestations pacifiques attirent des milliers de personnes. Partout, le même message : assez de violence. L’avenir de la région ne se jouera pas seulement dans les palais du pouvoir. Mais aussi dans le cœur de celles et ceux qui aspirent à vivre en paix.
