Depuis le 1er juillet, un décret interdisant de fumer aux abords de certains lieux publics bouleverse les habitudes. Certaines terrasses situées près des écoles deviennent de fait non-fumeuses, ce qui suscite la colère des restaurateurs.
Une mesure sanitaire qui divise
Le texte n’était pas censé concerner directement les terrasses. Mais en interdisant la cigarette autour des établissements scolaires, piscines ou bibliothèques, il crée une conséquence inattendue : certains cafés et restaurants voient leurs espaces extérieurs devenir zones sans tabac.
Résultat : deux établissements voisins peuvent se retrouver dans des situations radicalement différentes, pour quelques mètres seulement.
L’Umih dénonce des « situations absurdes »
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) s’alarme d’un « dispositif technocratique » source d’incohérences. Dans un courrier adressé à la ministre de la Santé Catherine Vautrin, le syndicat demande une concertation urgente.
« Deux cafés côte à côte : l’un est non-fumeur car situé à moins de dix mètres d’une école, l’autre reste fumeur. Où est la logique ? », souligne l’organisation, qui redoute une application inégale de la loi.
Les restaurateurs redoutent une perte de clientèle
Pour Franck Chaumes, président de la branche restauration de l’Umih, ces restrictions portent atteinte aux libertés et risquent d’aggraver les difficultés d’un secteur déjà fragilisé.
« On n’est pas opposés aux non-fumeurs. Mais on retire peu à peu des libertés. En 2007, l’interdiction de fumer à l’intérieur avait du sens. Aujourd’hui, on veut nous empêcher de fumer en terrasse, à l’air libre. Où cela va-t-il s’arrêter ? », déplore-t-il.
Entre santé publique et liberté individuelle
Les autorités mettent en avant la lutte contre le tabagisme passif, responsable de 1,6 million de décès dans le monde chaque année selon l’OMS. En France, la cigarette tue environ 75 000 personnes par an, ce qui justifie selon le gouvernement le renforcement des interdictions.
Mais pour les professionnels de la restauration, la mesure reflète un difficile équilibre entre protection de la santé et respect des libertés. L’Umih redoute que cette réglementation n’éloigne encore davantage les clients, alors que les établissements peinent déjà à retrouver leur fréquentation d’avant-crise.
