Les négociations piétinent, la violence reprend
Les discussions pour un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sont dans l’impasse. Depuis plusieurs jours, les délégations se retrouvent à Doha pour des pourparlers indirects, mais aucun accord ne se profile à l’horizon.
D’un côté, Israël veut la libération de ses otages et la fin du Hamas. De l’autre, le mouvement palestinien exige un arrêt des bombardements et le retrait des troupes israéliennes de Gaza. Et entre les deux, personne ne semble prêt à céder.
L’envoyé américain Steve Witkoff espérait un accord d’ici la fin de la semaine. Mais les médiateurs qataris eux-mêmes disent que ça prendra plus de temps.
Des divergences profondes
Selon des sources palestiniennes proches des discussions, la délégation israélienne écoute, mais ne négocie pas vraiment. Elle refuserait notamment de permettre une entrée libre de l’aide humanitaire à Gaza ou de retirer ses soldats des zones qu’elle contrôle depuis mars.
Netanyahu affirme pourtant qu’il y a « de bonnes chances » d’aboutir. Il répète qu’Israël veut libérer tous les otages — vivants ou morts — et détruire le Hamas pour de bon.
Mais pour Izzat al-Risheq, un responsable du Hamas, Netanyahu vit dans un monde irréel. « Gaza ne se rendra pas », dit-il. Selon lui, ce sera la résistance qui imposera les termes de la paix.
Des otages au cœur des débats
Le projet discuté prévoit la libération de 10 otages vivants et de 9 corps. Sur les 251 personnes enlevées le 7 octobre dernier, il en reste 49 à Gaza, dont 27 sont déjà décédées selon l’armée israélienne.
Trump, qui s’est impliqué dans les discussions, pousse Netanyahou à trouver une solution. Il parle d’une tragédie humaine et affirme que tout le monde cherche une sortie. Mais pour l’instant, les points de blocage restent nombreux.
Bombardements et souffrances à Gaza
Pendant ce temps, les frappes israéliennes continuent sur Gaza. Hier, 22 personnes ont été tuées dans des raids aériens, dont six enfants.
Dans le camp de réfugiés d’al-Chati, une explosion a fait trembler le sol. « C’était comme un tremblement de terre », raconte un témoin. « Les corps étaient éparpillés partout. »
À l’hôpital Al-Chifa, la situation est critique. Le carburant manque. Bientôt, l’hôpital ne pourra plus fonctionner. Le système de santé local est en miettes, après des mois de guerre et de restrictions.
Oum Ahmed, une femme déplacée, résume bien l’épuisement général : « On entend parler de cessez-le-feu chaque jour, mais les massacres continuent. »
Une crise humanitaire sans fin
Dans le sud de Gaza, près de Khan Younès, les secours tentent de soigner les blessés. Dans les couloirs de l’hôpital Nasser, une femme regarde dans le vide, entourée de brancards ensanglantés.
Médecins Sans Frontières confirme que la mortalité à Gaza est aujourd’hui dix fois plus élevée chez les enfants de moins de cinq ans qu’avant le conflit.
Le ministère de la Santé palestinien compte désormais plus de 57 000 morts depuis le début de l’offensive israélienne.
Espoir fragile
Alors que les pourparlers continuent, l’espoir d’un cessez-le-feu reste mince. Les familles des otages attendent. Les civils à Gaza survivent. Et les diplomates cherchent encore une porte de sortie.
Mais pour beaucoup sur place, les mots ne suffisent plus. Ce sont les actes, et surtout la cessation des bombes, qui compteront.
